Le violon hindoustani à son apogée

Inni Singh

Spectacle

5 décembre 2020

Le violon hindoustani à son apogée Inde - Dr. N. Rajam, avec Sangeeta, Ragini et Nandini Shankar

La violoniste N. Rajam figure parmi les instrumentistes de grand talent qui ont marqué de leur empreinte la scène classique nord indienne du XXe siècle. Son quatuor familial réunissant trois générations de femmes virtuoses fait figure d’exception dans l’univers de la musique hindoustanie.

  • Sam 05 déc 2020 à 16:00 - Paris - Théâtre de la Ville - Les Abbesses

Née dans une famille de musiciens, cette dernière est bercée par la musique dès son plus jeune âge : d’abord initiée à la musique carnatique du Sud de l’Inde, elle se tourne bientôt vers la musique hindoustanie. Formée par le célèbre chanteur Omkarnath Thakur, N. Rajam n’a eu de cesse de perfectionner sa technique d’archet et d’affirmer son style de jeu, qui imite l’inflexion de la voix chantée (le gāyakī aṅg). Elle reproduit ainsi toutes les nuances d’intonation des formes vocales hindoustanies, notamment du chant khayāl.

Introduit en Inde au tournant du XIXe siècle, le violon a rapidement trouvé une place de choix dans la tradition carnatique alors que son usage est resté plus mesuré au nord. Dans les pas de V. G. Jog — souvent cité comme le premier musicien à avoir popularisé l’instrument dans le cercle musical hindoustani—, N. Rajam est l’une des interprètes qui lui a donné ses lettres de noblesse. En témoignent les nombreux prix nationaux qu’elle a reçus dont le prestigieux Sangeet Natak Akademi Fellowship de l’académie nationale de danse et de musique et le Padma Bhushan, l’une des plus hautes distinctions civiles du gouvernement indien. Illustrant l’évolution et le dynamisme de la musique savante indienne, le violon est aujourd’hui bien établi dans l’ensemble du pays, comme instrument accompagnateur mais également soliste.

Appréciée pour la clarté de son jeu autant que pour sa créativité, celle que l’on a surnommée le « violon chantant » peut se prévaloir d’une longue carrière internationale. Investie dans la transmission de son savoir, N. Rajam a longtemps enseigné au département de musique et musicologie de la prestigieuse Banaras Hindu University, qu’elle a aussi dirigé. À 82 ans, elle reste active dans la formation d’artistes professionnels, fidèle aux principes de la tradition orale de maître à disciple. Dr. N. Rajam a d’ailleurs transmis sa passion autant que son exigence technique, associée à une pratique quotidienne rigoureuse, à sa fille, Sangeeta Shankar, et à ses deux petites filles : Ragini et Nandini. Celles-ci ont été formées très tôt aux principes élaborés d’improvisation dans le cadre mélodique du rāga et rythmique du tāla. Concertistes solistes à part entière, engagées dans des projets musicaux variés, Sangeeta, Ragini et Nandini Shankar aiment se retrouver sur scène en famille le temps d’un concert pour partager avec le public leur amour de la musique hindoustanie. Les quatre musiciennes alternent alors traits de virtuosité et passages lyriques dans une écoute et une appréciation mutuelle où la complicité et le plaisir de jouer ensemble jaillissent des questions-réponses spontanément improvisées. Des jeux rythmiques surviennent en interaction avec Munkundraj Deo, tabliste formé par Pt. Brijraj Mishra du gharānā de Bénarès et de Pt. Mridangraj du gharānā dit d’Ajrada.

Dans un contexte encore majoritairement masculin — malgré des évolutions encourageantes — et à un moment où la transmission familiale tend à s’affaiblir, la lignée de N. Rajam fait figure d’exception. Ce quatuor familial réunissant trois générations de femmes à la personnalité rayonnante est à découvrir pour son premier concert en France

ILG

En co-production avec le Théâtre de la Ville, avec le soutien de l’ambassade de l’Inde en France

Distribution

Dr. N. Rajam, violon

Sangeeta Shankar, violon

Ragini Shankar, violon

Nandini Shankar, violon

Munkundraj Deo, tablā

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