Festival de l'imaginaire Édito

Convoquer les esprits

L’esprit qui fait vivre le Festival de l’Imaginaire est coriace ! 
Contre vents et marées il s’entête, depuis plus de 20 ans, à créer les conditions de la découverte et de l’étonnement devant l’inépuisable diversité des formes d’expression à travers le monde. Les esprits qui s’incarnent à travers le festival sont pluriels : esprit des ancêtres, réels ou mythiques, qui habitent le chanteur et poète cap-verdien Mário Lúcio, en ouverture du festival dans un solo inédit en France ; esprit de fête du bal fandango de la région de Sotavento, au Mexique. Esprit du merveilleux qui anime les marionnettes budaixi de Taïwan, de la musique que T. M. Krishna, figure emblématique de la scène carnatique, ou Fargana Qasimova, ambassadrice virtuose du mugham d’Azerbaïdjan, partagent dans la communion avec leur public. Esprits de la nature invoqués lors du Donghaean byeolsingut, ce rare rituel chamanique pratiqué tous les trois à dix ans par des communautés de pêcheurs de Corée. Poupées-esprits des cultes vaudous ou de fertilité qui prendront possession de l’exposition du Festival… 
Esprit des lieux, enfin. Prestigieux, surprenants, intimes, patrimoniaux, ceux qui accueillent le festival sont divers et chacun a son identité propre, créant l’alchimie avec les artistes et le public. Grâce à la diversité de ces partenaires, le festival poursuit sa route à la rencontre des habitants de tous les territoires, urbains et ruraux, à Paris, en Seine-Saint-Denis, à Lyon, en Bretagne…
Ce 23e festival recroise le chemin de grands maîtres que la Maison des Cultures du Monde a invités jadis ; il révèle de jeunes disciples auxquels ces derniers ont transmis leur art. La transmission et la relation maître-élève seront d’ailleurs en filigrane du colloque international « Diversité des imaginaires, traditions et arts du spectacle vivant » comme de la Journée du patrimoine culturel immatériel cette année dédiée à la musique. Le festival renforce ainsi ses collaborations avec les jeunes chercheurs et étudiants, pour des moments réflexifs autour des patrimoines vivants, de formation ou d’échanges musicaux avec les artistes, notamment grâce aux liens tissés avec les partenaires de la Communauté d’Universités Paris Lumières.
Je voudrais rendre hommage à tous ces esprits, ancêtres et grands maîtres qui ont fait et font le festival, et leur demander de nous accompagner longtemps encore.
 
Séverine Cachat, directrice de la Maison des Cultures du Monde - Centre français du patrimoine culturel immatériel
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