Formation Les savoir-faire des émailleurs sur métal Inventaire du PCI en France

Inscription à l'inventaire national

➤ Contexte
 

Dans le cadre des appels à projets du ministère de la Culture pour l'inventaire du PCI en France (campagne 2019-2020), le Syndicat professionnel des émailleurs français (SPEF), basé à Limoges et réunissant des membres à travers toute la France, s'est associé à la Maison des Cultures du Monde - ethnopôle CFPCI pour la réalisation d'une fiche dans une démarche inclusive qui reflète la diversité des techniques et des savoir-faire.

Les différentes étapes du projet ont mobilisé une trentaine de contributeurs, praticiens et spécialistes de juillet 2019 à février 2020 : formation, ateliers collectifs et entretiens. 

La fiche a été inscrite à l'inventaire national en mars 2020.


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➤ Description sommaire


L’émail désigne à la fois une matière, un ensemble de techniques et un objet fini, les trois étant tous intimement liés les uns aux autres. Le travail de l’émailleur consiste à poser sur un support en métal (argent, or, cuivre, acier et bronze), plat ou mis en volume, des poudres, grenailles ou barbotines de différentes couleurs et textures ; la pièce est ensuite cuite et recuite à plusieurs reprises afin d’obtenir le résultat escompté dans un panel allant de l’adhésion à la vitrification en fonction de l’état de l’émail recherché.

La création d’un émail relève à la fois d’une connaissance fine des techniques élaborées dès l’Antiquité et d’un travail permanent de recherche afin de repousser toujours plus loin les limites d’une matière protéiforme. Si les outils qui permettent de fabriquer la matière émail ou de créer des émaux ont constamment évolué en fonction des avancées techniques et du résultat des recherches successives des émailleurs, les gestes liés aux savoir-faire de l’émaillerie connaissent quant à eux une permanence remarquable dans l’histoire. L’émail d’art sur métal désigne en effet une technique connue depuis l’Antiquité. En France, celle-ci a connu des périodes fastueuses, notamment au Moyen Âge où son rayonnement international a permis d’enrichir le mobilier de nombreux souverains et hommes d’Église. À partir du milieu du XXe siècle, le secteur a globalement périclité.

Depuis quelques années, une nouvelle génération d’émailleurs s’attelle à la sauvegarde et à la valorisation des savoir-faire ancestraux liés à l’émail sur métal notamment par la participation à des salons, à des symposiums ou encore par l’organisation d’expositions et de stages à destination de tous les types de publics. Leur objectif est de faire connaître et de diffuser l’histoire et la beauté des gestes des émailleurs d’art sur métal, dont l’image a longtemps pu être ternie par une vision surannée des pièces produites en émail. 

 

➤ Participation des communautés
 

La démarche d’inscription à l’Inventaire national du patrimoine culturel immatériel est une action de valorisation importante pour la communauté des émailleurs français. À l’initiative du SPEF, le projet consistait en la reprise de la fiche consacrée à l’émaillerie de Limoges, inscrite à l’Inventaire national du PCI en 2008, dans une démarche plus inclusive et générale afin de prendre en compte l’ensemble de la communauté des émailleurs en France.

Pour ce faire, la fiche d’inventaire a été travaillée en plusieurs phases. Un groupe d’émailleurs, majoritairement issus du Limousin, a tout d’abord été réuni le 8 juillet 2019 afin de prendre part à une formation sur l’Inventaire national du PCI, ses enjeux et ses contraintes. Dans un deuxième temps, les participants, séparés en plusieurs groupes, ont été invités à réfléchir aux éléments de définition de la pratique des émailleurs :

Périmètre de la pratique (qu’est-ce qui fait partie des savoir-faire liés à l’émail sur métal ?)
Communauté(s) concernée(s)
Modes de transmission
Menaces et mesures de sauvegarde 

Ce premier temps d’échanges a permis d’identifier plusieurs points pivots qui ont ensuite été interrogés lors de la phase d’entretien, de juillet à octobre. Ces entretiens ont également été l’occasion de revenir sur des parcours individuels qui ont permis d’affiner certains questionnements, en particulier en ce qui concerne les modes de transmission. Au total, 29 émailleurs ont participé à ces entretiens, soit in situ, soit par téléphone, et/ou à la formation. Une première fiche leur a été soumise en décembre 2019 et leurs retours intégrés à la version inscrite à l'Inventaire national. 

Fiche d'inventaire du PCI en France - Les savoir-faire des émailleurs sur métal